jeudi 2 août 2007

Alain

Alain vient en fin d'emménager avec nous ! Son arrivée ne fut pas de tout repos et mes chères complices ne comprennent absolument pas pourquoi je tiens à sa présence ici. Il est vrai que la relation que nous entretenons depuis le secondaire est plus que difficile à saisir. Lui et moi semblons en perpétuelle discorde, mais ne pouvons vivre l'un sans l'autre. Chaque sourire que nous nous faisons est un cadeau empoisonné, un coup de poignard et chaque flèche en direction de l'autre sont autant de marques d'affection, de mots d'amour trop timides pour se dévoiler. Au fond peut-être aimons-nous nous haïr ou encore haïssons-nous nous aimer, qui sait?

Déjà à l'arrivée du camion de déménagement, je l'attendais de pied ferme prête à le regarder décharger ses boites sans lever le petit doigt tout en critiquant chacun de ces moindres gestes. Quel plaisir que de regarder ce beau dessinateur de B.D couvert de sueur, les muscles au travail sous le poids des cartons…


- Tu travailles comme une fille !
- Arrete de parler et viens donc m'aider !
- Non !! C'est trop beau te voir travailler.
- Ça te plaît me voir forcer?
- Toujours, mais avoue que c'est moins compliqué que réfléchir.
- C'est surtout moins dur que d'entendre toutes tes conneries.

Les dernières choses venaient tout juste de trouver leur place, il était épuisé mais heureux d 'être enfin chez lui. Pour le récompenser, je lui offre de venir prendre une bière fraîche et faire quelques parties de billard au «penthouse» .

- Maintenant que tu as fini, tu peux venir prendre une bière en haut, puis on jouera au pool.

- Je prends une douche, je me change et j'arrive !
- Tu sonneras dans l'ascenseur, je te ferai monter.
- C'est bon pour moi !

J'ai le temps de me changer, tout ce que le monsieur aime, jupe noire, chemisier rouge cintré, talons noirs et la cerise sur le sundae : sous vêtements de dentelles noires avec bas-jaretelle.

La sonnette résonne dans notre superbe salle des plaisirs, c'est le signal. J'appuie sur le bouton pour faire monter et je verrouille l'ascenseur en haut; désolée, les filles… Ce soir je réquisitionne l'endroit! Assise d'une fesse sur le coin de la table, je l'attend, dans la main gauche deux bières, dans la droite deux queues de billard.

-Prêt à te faire mettre la raclée de ta vie ?

-Toi et qui ?
-Casse donc !
-Ok !

Il procède au premier coup de la partie.

-T'as les petites ou les grosses ?
-Les grosses. En parlant de grosses, toi t'a engraissé.
-Vas chier !

Les coups se succèdent, l'alcool descend bien, les vacheries aussi. Par contre, la tension est palpable entre nous, une tension électrisante. Nous sommes clairement dans un autre état d'esprit. Chacun de nos gestes appelle à l'autre, nos corps veulent se rapprocher, se toucher. Je m'avance tellement sur la table qu'il a une vue imprenable sur ma jarretelle. À son tour, je le regarde droit dans les yeux et déboutonne quelque peu mon chemisier, juste assez pour lui faire voir quelques petits bouts de mon soutien gorge. À ce moment tout explose, bascule, nous ne nous contrôlons plus. Il me plaque contre la table, m'embrasse violemment, enfouit sa main dans mon corsage. Je lui arrache sa chemise puis nous nous laissons rouler sur le plancher.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Seigneur, sur quoi je suis tombé!

Macha a dit…

Sur une commune, monsieur?